Notes, Remarques & Articles



"Ce vide lui blesse la vue" -- Denis Montebello, mars 2018

L'ouvrage sera présenté, lu & discuté dans des librairies et des médiathèques, en présence de l'auteur :

Le mercredi 14 mars 2018, à 18h30, à la librairie La Belle Aventure de Poitiers (Vienne) ici

Le vendredi 23 mars 2018 à 18h00 à la librairie Les Saisons de La Rochelle (Stéphane Émond libraire) ici

Le 24 mars, à 18h00, à l'invitation de l'association "En avant première" de Surgères ici

Le vendredi 6 avril à la Librairie du Rivage de Royan, à l'invitation de Patrick Frêche, dès 18h00 ici .

Le mercredi 16 mai 2018, à 19h00, à la Médiathèque de Fontenay-le-Comte (Vendée) ici

La Mèche lente,



Travaux en cours : Didier Hubert (08/2017)

Après toutes ces années, nous avons chacun en tête, bien que nous l’y cherchions, le nom précis de cette gloire du bourg ou du quartier qui, sous des airs matamores ou archangéliques, de brute rusée ou de rêveur aventurier, de garçon impavide, de fille crainte et effrontée, tressa de plusieurs exploits et hauts faits, dès l’enfance, la chronique floue de nos souvenirs ; nous béons, à des retrouvailles, à l’écouter, d’une voix en feutre qui surprend, ou bien à le regarder en biais, d’un visage encaustiqué qui nous gêne ; nous nous rappelons pour lui d’anecdotes sans chutes qui, à l’échelle de ses mésaventures et bonds dans l’époque, courses sans bagages, bris de bars, conquêtes, routes prises et circumnavigations, lui paraîtraient mesquines s’il n’était déjà tatoué de la courtoisie des hommes prudents, de ceux qui n’ont toujours pas une idée exacte des proportions du monde qu’ils arpentent. Voilà du moins, pour l’heure, la représentation que l’homme de la Mèche lente, assis au vestibule dans l’attente patiente des premières épreuves, se fait de Didier Hubert tandis que, penché pour l’édition sur la quantité de ses mélancolies, le photographe à l’argentique légende avec application, dans un style unique (qui déprécie tous les diplômes de la branche), les éclats d’une vie en mouvement à la fin du deuxième millénaire.

Chronique par l'éditeur d'un ouvrage encore à l'atelier -- à paraître aux Éditions La Mèche lente

© Muriel Vergnaud

La Mèche lente,



Anas : Mérimée, l'Espagne, Gérard Chaliand (08/2017)

Jadis, dans un Bureau, nous parlions de lui comme un bas clergé évoque le père fondateur de son Ordre ; nous pouvions parfois, avec surprise, exhumer une note de sa main d’un dossier bactérien ; et nous citions mille anecdotes, pour souligner ses hauts faits dans la carrière, y compris celle d’une antique auberge à diligences, perdue dans une ligne droite de peupliers, que notre emblématique Inspecteur Général avait d’autorité sauvée des mains des ingénieurs des paysages et des écarteurs de route, aussi pour cette raison qu’il y faisait souvent escale depuis Paris dans ses tournées vers le Sud, à rebours du pénible Lucien de Rubempré.

Puis, pour ma part, j’oubliai. J’allai à de nouveaux exercices, pirouettes, ennuis et chutes.

Il y a peu, un autre de ces Commandeurs, à l’ombre desquels j’aurai toujours placé mon existence et ma raison d’être, au risque de ne jamais croître, me fit le don d’une petite introduction charmante aux lettres d’ailleurs de Prosper Mérimée ; où je compris enfin comment l’illustre Inspecteur Général des Monuments de France, qu’un siècle de ministères n’avait pas effacé de la mémoire des archivistes scrupuleux, des érudits maniaques et des gratte-papier appliqués, vénéré dans des sous-sols, cité dans des rapports, comment Prosper Mérimée donc troquait, en cet hôtel fâné de bord de route nationale, peu après Angoulême, le vêtement d’apparat de l’administration, pour les habits légers, sans doute parfumés, du voyageur amoureux vers l’incomprise Espagne.

(Ce que nous inspire une introduction aux “Lettres d’Espagne”, qui entrera dans une compilation, à paraître au printemps 2018 aux Éditions La Mèche lente, de préfaces, notes, postfaces et credo rédigés par Gérard Chaliand - Crédit photographique : Roc Chaliand & son site ici ).)

La Mèche lente,



Bastien Loriou, en-dehors & à tue-tête (08/2017)

On pourrait en tenter une description qui, in fine, ressemblerait à une fiche de police : l’intérêt du personnage n’est pas dans ses dimensions, proportions, son quintal, ni l’épaisseur des os ; à peine dans ses yeux verts d’apôtre au vitrail. Qui le connaît, ou l’aura fréquenté, ou l’aura fui, sait ce qu’il faut savoir : que le garçon est d’un format singulier qui peut s’adapter à toutes les époques, à tous les temps, y compris les plus imparfaits ; qu’il est d’une fréquentation agréable, a les colères saines, l’amitié facile, la parole libre, l’alcool fraternel, le timbre haut, l’ingéniosité des esprits rapides. Qui le connaît s’en tiendra donc à cette famille des qualités, et le louera pour celles-ci, avec ce que cela imposera parfois de réajustements, de dédits et de fiels tardifs. Qui l’a deviné, en revanche, sous le commerce triangulaire des pénuries, s’en tiendra à une admiration de longue haleine et tressera, quoi qu’il arrive, au silence de la pensée, des lauriers à l’âme d’envergure de cet en-dehors sans contraintes qui, au risque des pierres et des lazzis, passe à tue-tête au son des orgues et des accordéons, des poèmes et des récits épiques, sous les maisons des gens pâles et fatigués.

(Bastien Loriou, artiste, c'est aussi le duo Marcelle Lapompe & L'Orgue à Bretelle ici et )

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