Notes, Remarques & Articles



DENIS MONTEBELLO et CADASTRE DES MISÈRES

"Le cadastre était à l'origine un instrument d'assignation -un lotissement mis en œuvre pour la distribution et le partage des terres conquises-, et un outil de fiscalité. Il servit de cadre à une gestion intensive des ressources agricoles, cela jusqu'à la fin de la période antique.

La centuriation romaine se présentait en réseaux géométriques dont les lignes orthogonales et équidistantes carroyaient l'espace géographique, et il n'est pas rare d'en apercevoir d'avion, sur les photographies aériennes, sur le terrain les vestiges. Dans le paysage rural actuel: dans la voirie ou dans le parcellaire. Et même dans nos villes quand elles ont gardé la trace du decumanus et du kardo.

Des survivances, on en trouve aussi dans la littérature. Dans Centurie de Giorgio Manganelli. Dans L'occupation des sols, de Jean Échenoz. Ou dans ce Cadastre des misères que nous donne aujourd'hui Vincent Dutois.

Avec ce livre, nous quittons l'espace fiscal, l'espace administré pour un maillage non moins efficace, non moins redoutable, d'un territoire qui est « la ville, capitale des régions inférieures », avec ses habitants. Morts ou vifs. Certains ont l'art de quitter la scène. C'est ce moment qu'il ne faut pas manquer. Il ne faut pas rater leur sortie. Celle qui fait d'une vie une vie. Un récit digne de ce nom. Un récit bref. « Ce que l'on sait d'un homme qui se tue tient en peu de mots. » Sans doute, se dit-on, « il se peut que la vie ordinaire grinçait déjà. » Mais c'est la mort qui lui donne son sel. Sinon son sens. C'est elle que l'on peint. Croque. Sur le vif. Et si, par malheur, la mort avait pas faim, on lui redonnera un peu d'appétit. En lui servant un bon Émile avec sa fourche.

Vincent Dutois connaît le chemin. L'allée, le numéro. Il travaille « encore à la paille, à l'alun de Syrie et au savon de Bécoeur, malgré l'interdit. » Il arpente la vie comme un cimetière." Blog Cotojest

Denis Montebello



PASCALE BUSSON-MARTELLO et CADASTRE des MISÈRES

Les mots sont vifs qui disent ici les morts. Et riches ceux qui content leurs misérables misères. Les Vanités, celles des peintures qu’on aime tant, saturées de nacres et d’argent, de bijoux, vanitas vanitatis, n’y ont pas leur place. D’ailleurs, il n’y a de place pour personne dans ces carrés d’éternité, ni devant eux, ni à côté. On ne pourra pas dire qu’il n’y a que la mort pour faire les gens égaux. Formule pour les nantis des cimetières. Car dans les champs du repos, comme on les appelle parfois, certains reposent moins bien que d’autres. Il faut dire que ça les a pris depuis longtemps. Et pour ceux-là depuis toujours. La vie comme une poisse. Peut-être aurait-il mieux valu qu’ils ne naissent pas. Mais aucun d’eux n’a lu Cioran pour confirmer, bien que et même si vivre empire. Maintenant ils sont là, dans leur Cadastre des misères* celui que Vincent Dutois a délinéé pour eux, à qui il a donné un peu de rab, un rabiot. Une parcelle d’avenir. Oh ! pas pour que la mouise perdure, pas comme une consolation posthume et par procuration. Mais pour embeaumer leurs disgrâces, leurs difformités, leurs pauvretés. Pouilleries et gueuseries. Aussi, nous voici arpentant les allées rationnellement numérotées qu’on sait toujours droites et bien tenues d’un cimetière bien réel, pourrait-il être de nulle part. On se dit que, peut-être, l’endroit est d’autant mieux cadastré, planifié, qu’il contient, soustraites à toute visite à jamais, des sépultures contenant elles-mêmes des restes humains cabossés, ou des restes cabossés d’humains. Ce qui ne fait pas différence. Des morceaux de vie affleurent et poignent par-delà les oublis, les abandons. Un peu moins d’ombre allongée sur leurs tombeaux, que la main de l’écrivain a doucement repoussée. Pourtant, elles furent tant rugueuses ces vies inhumées là, pour toujours plombées par la brume et la grisaille des jolis clichés mélancoliques qui accompagnent un peu le texte. Concession perpétuelle et sans rémission, pour Denise, Marie-Picère-Gilbert-Émile, L’Errant, ou les sans-nom, sans famille, sans histoire des enterrés Au carré, à qui Vincent Dutois offre une respiration pour toujours. Mais la vie résiste. De ces ensevelis bien morts, c’est bien cela qui reste. Il ne reste des morts que des restes de vie. C’est toute la joliesse de ces pages qu’il ne faudrait pas éviter pour s’éviter un moment d’abattement. Erreur fatale, si l’on ose, car c’est tout le contraire : au n°8 de l’Allée H par exemple - on pourrait se croire dans un lotissement inachevé - ça commence vraiment très mal. Ça ne finit pas vraiment mieux d’ailleurs, puisque nous sommes là. Mais la succession des malheurs engendrés par la scène initiale (cinq mots : Juliette chute du sixième étage) est à couper le souffle si l’on peut dire aussi ; l’écriture, métaphore de son propre contenu, accélère avant de se poser dans la forêt de Longue Attente. Il en est ainsi des 22 destinées auxquelles Vincent Dutois fait un destin par-delà leur tombeau. De quelques lignes à un peu plus de quelques lignes. Pas plus non plus. Cadastre des misères est d’une beauté majeure et pénétrante. Il ne faut pas le manquer. Inactualités et acribies

Pascale Busson-Martello



DENIS BILLAMBOZ et DIOGÈNE

"Après avoir décrit dans « Bestiolerie potagère » le petit monde qui peuple son jardin, Louis Dubost, le poète jardinier, dresse un abécédaire de son potager dans lequel il regroupe les plantes qu’il cultive, celle dont il voudrait bien se séparer à jamais, les petites bêtes indispensables à une bonne récolte, d’autres plutôt nuisibles, et d’autres choses encore qui font partie de la vie d’une jardinier assidu et attentif à son carré de terre nourricière. Diogène, c’est Louis Dubost dont Georges Catahlo, le préfacier de « Bestiolerie potagère », dévoile qu’il fut « éditeur à temps plein, poète à temps partiel, professeur à temps professionnel, philosophe à temps perdu, élu local à temps difficile… ». Pour compléter ce portrait, je me réfère à sa descendance, ses merlottes et ses merlots, qui voudrait le dessiner avec les produits de son potager : « une tomate pour le nez « rouge et long, une andine fera l’affaire » …, la bouche sera une cosse de petit pois entrouverte « avec les grains pour les dents » …, les cheveux avec des poireaux aux racines coupés à trois centimètres, etc… » Si Diogène raconte son jardin, ses légumes, ses travaux de jardinage et toutes les petites bêtes qui le peuplent pour le plus grand bien de ses cultures ou le malheur de son potager, il glisse aussi dans ses textes de nombreuses allusions démontrant sa vaste culture. Il connait manifestement la littérature, surtout classique, mais aussi les arts en général, la politique, le sport, le cinéma et bien d’autres choses encore. Son écriture pleine de verve, lance des piques acérées en direction de ceux qui détiennent le pouvoir sans en user à bon escient et tous ceux qui ne respectent pas dame nature comme elle le mérite, au risque d’encourir ses foudres. Ces pointes d’impertinence habilement distillées assaisonnent délicieusement son texte et tous les légumes qu’il contient. Son texte enchanteur chante à l’oreille quand il conspue toute une liste de petites bêtes, « ces saloperies de bestioleries », qui « sucent la sève, le sang, l’élan vital … » de ses plantations mais il est aussi un rien sentencieux quand il évoque avec ironie, dérision, moquerie narquoise, la politique, ceux qui la font, les errements de la société avec leurs responsables, la littérature et ses poètes prétentieux mais peu talentueux, le cinéma, la chanson, et parfois en rendant hommage à ceux qui ont véritablement du talent. Son potager n’est pas qu’un carré de terre, c’est aussi le monde dans lequel il vit. De la pure poésie en prose, le bonheur est peut-être dans le pré mais il est peut-être aussi au potager quand le jardinier ne pense pas qu’à sa récolte. « La poésie ne distrait pas, n’abstrait rien, elle extrait l’essentiel. Ecrire le jardin comme on sème les mots d’une poésie ». De la poésie qui laisse sourdre un joli trait d’émotion quand le poète évoque son père. Mon père « Qui m’a laissé en héritage sa bêche à dents et son goût pour les livres. Depuis lors, …, je m’exerce avec entrain à casser les mottes et à bêcher le langage d’un potager de mots ». et, pour conclure je dirais au poète que j’abonde vivement dans son sens quand il écrit que : « La friche politique devrait en prendre de la graine : plutôt qu’à un énarque, il serait davantage pertinent de confier la gestion de l’Etat à un jardinier ». J’en suis intimement convaincu. Il ne me reste que quelques paragraphes à biner, quelques sillons à butter avant d’attendre que mes lecteurs récoltent mes mots avec mansuétude et gourmandise." Denis Billamboz, le 6 mai 2019, Mes impressions de lecture et Critiques libres .

Denis Billamboz



PASCALE BUSSON-MARTELLO et DIOGÈNE

"Les poètes et les jardiniers le savent, des miracles ont lieu tous les jours. Depuis la fameuse nuit des temps, au moins celle qui rendit Diogène célèbre en plein soleil, n’est-ce pas Alexandre ? il n’est pas prévu de rencontrer un diogène, surtout au milieu de son jardin. La majuscule devenue minuscule signifie, selon moi, le contraire de l’abaissement ou du ratatinement, pour une élévation universelle au panthéon des admirables, de celui qui se courbe, se plie, se penche à toucher la terre, ce qu’humilité veut dire. Diogène ne la ramène pas, qui sait tout sur les fruits, les légumes, les herbes aromatiques, les arbres, les saisons, les plantations. Et les poètes. La philosophie aussi.

Rendons grâce à La Mèche lente dont on aimerait qu’elle nous éclaire longtemps encore, et même qu’elle ne s’éteigne jamais, petite maison d’édition comme ils disent, ils, ceux qui comparent tout, même l’incomparable, rendons grâce donc pour ces pages tournées dévotement dans une ferveur païenne qu’on croyait d’un autre âge, que dis-je ? d’une autre humanité, celle pour laquelle l’eau, l’air, le feu, la terre, suffisaient, des pages qui n’ont rien à voir, rien de rien, rien du tout, avec la sensiblerie néo-écologique qu’il conviendrait de tenir pour être de son temps, paradoxe des paradoxes ! non, Louis Dubost est ici écrivain élémentaire d’une physique lucrétienne, d’un rerum natura qui connaîtrait les tomates, les cerises, mais aussi les pommes de terre, les radis, le kiwi et vivrait un peu en Vendée. Un peu, pour dire qu’il y demeure mais qu’il séjourne surtout dans les mots, les phrases, les textes. Non qu’il écrive comme Lucrèce, ou quiconque, mais il y a une indéniable correspondance entre ceux qui font chanter la terre et ce qu’elle porte pour avoir compris que nous sommes à nous-mêmes et nous-mêmes si et quand nous y revenons. Sans aucune mélancolie. De la joyeuseté, une pointe de gauloiserie, des clins d’œil savants et malins, des coups de pattes plus que des coups de griffe. Et des coups de pinceaux et de plumes, malicieux, bien vus et bien venus. On oserait, si l’on osait, lui dire comme on a aimé lire son Diogène ou la tête entre les genoux* mais qu’on ne sait pas bien le lui dire, ce qui est un grand compliment. ** Ce livre réussit un admirable équilibre fait de micro-équilibrages qui, isolément de l’ensemble ne l’auraient peut-être pas permis. Le parti-pris abécédaire, les réminiscences philosophiques et poétiques, la convocation du quotidien mais celle de l’étymologie, le détachement du monde mais la petite musique politique, les termes savants de la botanique mais le patois local. Délicat, dans tous les sens du terme, superbement réussi. Il faut lire -que je ne recopierai pas justement- les huit, 8, lignes sous l’entrée Cannabis ! Les articles les plus longs, qui ne sont pas les plus nombreux, font deux pages. Bien sûr on aimerait dire que cet objet livresque est un petit bijou, qu’il est délicieux, qu’il est même à croquer. Mais comme on déteste les poncifs et ressembler à ce que les patentés (pas tentés) officiels disent, on s’abstiendra. De toute façon, il est rien de cela, sinon il ne nous aurait pas touché(e) comme un de ceux qu’on aimera offrir, dont on aimera dire qu’on ne savait pas, jusqu’à le lire qu’il nous aurait manqué, contrairement à tout ce qu’on nous recommande éhonteusement.

Sous la plume de Louis Dubost, le compost devient chaudron métaphysique et les haricots sans fils haricots wi-fi. Tout est de ce tonneau, celui de Diogène, qui arrive à conjuguer le verbe potager par tous les temps et à tous les modes, surtout le rieur. Et décliner ce singulier adjectif au pluriel et au féminin autant de fois que nécessaire pour dire l’harmonie du jardinier, de l’écriture et de la pensée, de l’éthique et de l’esthétique ; dans ces allées-là, ces carrés, ces rangées, ce courtil, on rencontre Einstein répondant à Ronsard (lignes qui s’achèvent par un Putain de néonicotinoïdes ! salvateur), Francis Ponge l’inaltérable, Descartes, Kant et Epicure, lesquels, avec d’autres, côtoyant la bibite à patates ou la boursette, cette vive herbe d’hiver, qui accompagne le foie gras surfilé d’une pissette de vinaigre. Point trop n’en faut trop dire, juste donner l’envie de faire un péché de gourmandise et de céder à la tentation. D’autant que, en s’y livrant, on consent à un second plaisir majuscule, celui d’une illustration graphique discrète, élégante, impertinente pertinemment, qui rythme l’ensemble à contre-point de son flot, c’est-à-dire, du moins en a-t-on l’impression vivace, quand le dessinateur et lui seul le veut. Matthieu Viellot accompagne ces pages de diogènes en ombres chinoises épatantes. Merci à lui aussi."

*Louis Dubost, aux éditions La Mèche lente, donc. Février 2019. Ouvrage qui reprend quelques extraits du Diogène au potager de 2011 (éditions Carnets du Dessert de la lune) ; **Denis Montebello le fait aussi et autrement le blog de Denis Montebello .Et là, archives 21 février 2018 : tout le bien que je pense du livre de Denis Montebello "Ce vide lui blesse la vue", paru l'an dernier aussi à La Mèche lente, qui décidément met la lumière là où il faut : "Ce vide lui blesse la vue" .

Inactualités et acribies

Pascale Busson-Martello



DIDIER POBEL et DIOGÈNE

“Poète et jardinier. Bourguignon né à quelques jets de silex à vif de chez nous, Louis Dubost convoque notamment Voltaire et Francis Ponge dans son épatant dernier livre. De l'ermite de Ferney, il a retenu l'art candide de cultiver son jardin. Et du second, qui bichonnait ses patates à Coligny pendant la Guerre, cette attention particulière portée aux choses qui en dit long sur les hommes. On apprend dans ce petit traité de philosophie botanique que le compost est une sorte de Caisse d'Épargne, que l'ail a généré la première grève générale de l'histoire et que les choux et les poèmes – l'auteur s'y connaît dans les deux – poussent un peu pareil. Ou bien encore que "la wifi est une variété de haricots sans fil". C'est précis, drôle et utile : on y trouve même des conseils de survie. Les riverains de la centrale de Bugey apprendront ainsi que le cornichon n'absorbe aucune radioactivité. Le livre, paru aux éditions de La Mèche Lente, s'intitule Diogène ou la tête entre les genoux. Rien de tel pour (se) cultiver. Bêcheurs de tous les cantons, ne poireautez plus !” [Didier Pobel, La Voix de l’Ain n°3858, semaine du 4 au 11 avril]

Didier Pobel



DENIS MONTEBELLO et DIOGÈNE

"Ce dieu qui n'est pas de bois (c'est le moins qu'on puisse dire !) n'en est pas moins ligneux. Le paysan, quand il veut protéger jardins et champs des maraudeurs et des oiseaux, assurer la fertilité de sa terre, choisit un figuier, un cyprès, un saule, un peuplier, un chêne ou un pommier. Un tronc, une branche qu’il dégrossit rapidement afin de lui donner un aspect vaguement humain, la forme d'un piquet phallique, d'un pieu fiché en terre. Priape est un « dieu fait sans art », pour parler comme Lucien (de Samosate). Voici le décor planté. Et dans son potager, Diogène. Tel que le présente Louis Dubost. « Dès l'entrée du jardin et juste derrière l'épouvantail » (Prologue). Si Priape est un dieu jeune, Diogène cultive les radis, les bettes -les jottes pour la tourte-, les mojettes -les haricots- « en vert ». Des choux, des poèmes, échenillés comme il faut. Il cultive aussi l'art d'être grand-père. Sept merlottes et merlots l'accompagnent dans ses tâches potagères. Sept, comme dans les contes, mais ils ne s'en laissent pas compter. Ils « sifflent et persiflent avec entrain dans les allées et les plates-bandes. » Ils ont l'idée, artistes en herbe, Arcimboldo sans le savoir, de « faire la tête de Papy avec les légumes de son jardin ». Diogène déballe son jardin comme d'autres leur bibliothèque. Il a choisi, pour ranger ses poèmes, l'ordre alphabétique. C'est le jardin de A à Z. De À (« À propos de jardin [ ...] » à Zizanie (l'autre nom de l'ivraie). Pourquoi l'ordre alphabétique ? La réponse, elle est chez Alexandre Vialatte (cité en exergue): "Il n'est rien de plus gracieux que l'ordre alphabétique. L'ordre alphabétique, c'est le désordre. Le désordre, c'est l'insolite. L'insolite, c'est la surprise. La surprise, c'est la poésie." C'est exactement cela." Le blog de Denis Montebello, c'est ici

Denis Montebello



DIOGÈNE dans les choux

"Après avoir rendu hommage comme il se devait à Karel Capek et sa délicieuse Année du jardinier (on pourra longuement disserter sur sa sentence : « plus une saleté est nuisible, plus elle a de la vitalité ») Louis Dubost entraîne Diogène dans les choux pour nous donner à sa manière un cours de philosophie dans le potager. On y croisera, dans les rangs et sur les planches, Voltaire, Queneau, Sisyphe, Sartre, Epicure, Rabelais, Platon, Ronsard, Descartes, Kant, Marx, Pierre Rabhi, Virgile ainsi qu’Abélard et Héloïse. On s’y interrogera sur l’âme des limaces, la lutte des classes, le temps qui passe et le temps qu’il fait, le dépassement des contradictions, l’efficacité de la grève générale, la punkitude du poireau et, en faisant un doigt d’honneur à Monsanto, on assistera à l’enterrement des asperges. En récompense pour notre assiduité on pourra contempler, dans le potager lubrique, les fesses d’ange de l’abricot, le strip-tease de l’artichaut, des bibites à patates, l’effeuillage d’une grosse blonde, six boulettes et un concombre masqué, des couilles-du-pape bene pendantes, des gendarmes en train de s’enculer et des mogettes frelasser sous le charme du melon d’O. Comme il est dit, mieux vaut sentir une fleur dans les champs que la regarder sur Internet. Alors, un seul mot d’ordre : potageons !" [Courriel d’un lecteur, illustre discret, esprit aussi curieux que de grande érudition, 29 mars 2019]

Anonyme (lecteur émérite, écrivain doué, esprit curieux)



VALÉRIE ROUZEAU et LOUIS DUBOST

Valérie Rouzeau, poète majeur de notre temps, évoque à la 33ème minute "Diogène ou la tête entre les genoux" de Louis Dubost lors d'un entretien radiophonique sur BacFm à Nevers.

Valérie Rouzeau



DIOGÈNE et la chronique domestique de JACQUES BRAUD, du 18 au 20 mars 2019

"Le potager de Louis Dubost, dont on ignore s'il est un jardinier qui philosophe ou un philosophe qui jardine, n'est pas un potager ordinaire, sinon Diogène n'aurait pas quitté son « tonneau » et laissé éteindre sa lanterne pour en fouler les allées de ses pas d'homme libre. Son bissac à l'épaule, rempli de critiques acerbes à l'égard des grands de ce monde (ou qui se croient tels), et de paroles mordantes adressées à qui les mérite, quel que soit son rang, il nous invite à pénétrer dans ce temple de la biodiversité avant que le ciel ne nous tombe sur le ciboulot, naufragés que nous sommes dans un monde qui marche sur la tête. Vêtu des oripeaux du clochard-philosophe, empruntés peut-être à l'épouvantail qui monte la garde à l'entrée, parfois cynique (évidemment), souvent armé d'un humour percutant, le maître des lieux abandonne sa position fœtale, le cul en l'air et la tête entre les genoux,pour vous guider entre les planches alimentées de compost, ce chaudron métaphysique où la mort mitonne tout doucement de la vie à venir, et traitées au purin d'orties ou de consoude. S'y alignent, dans un impeccable ordre alphabétique, herbes adventices (ni plus mauvaises ni plus folles que d'autres), et fruits et légumes, presque tous immigrés, installés chez nous au fil des siècles sans qu'on les reconduise aux frontières. L'abricot « fesses d'ange » venu de Chine y côtoie le tournesol mexicain immortalisé par Van Gogh en passant par l'épinard iranien, l'artichaut napolitain qui s'effeuille sans vergogne, sempiternel strip-teaseur, la carotte afghane, satanique en raison de l'usage qu'en faisaient les jeunes moniales encanaillées, ou sa sœur ouzbèke qui vous ouvre les portes de Samarkand. Entre les haricots des Amérindiens Navajos, ancêtres de notre mojhéte, et les oignons mésopotamiens dont raffolait le disciple d'Antisthène, entre les poireaux originaires d'Asie chers à Néron le « porrophage » et les petits pois sénateurs, il ne manquera pas de vous asséner quelque vérité sur la bêtise des hommes, leur gestion imbécile du vivant et l'insatiable cupidité qui les mène à leur perte... À ce banquet gourmand offert, bien sûr, par Platon, on croise des philosophes illustres, comme Voltaire suivi de son Candide, un arrosoir à la main, ou Sartre, un chou-fleur existentialiste sous le bras, mais aussi des poètes irrévérencieux, ainsi de Jacques Prévert, Francis Ponge, Jean L'Anselme ou Pablo Neruda, au milieu des rires des enfants d'épave qui plagient L'été d'Arcimboldo sur un air des Quatre saisons pour confectionner, turbulents faussaires innocents, le portrait de leur papy-légumes qui en reçoit l'offrande, ému aux larmes. On n'en est qu'aux prémices apéritives qui vous amènent à déguster en guise d'amuse-gueules betteraves rouges et asperges à la vinaigrette, carottes d'Ouzbékistan et batavias hollandaises volumineuses et lourdes comme les seins d'une Vénus de Botero, cèleris ou radis top-models, concombres masqués par Mandrika et cornichons antinucléaires, le tout relevé de basilic, de vinaigre balsamique, d'ail-cocaïne-des-pauvres et de feuilles de laurier prélevées sur la couronne offerte à l'auguste front du jardinier, au milieu d'un décor de feuilles de bourséte, gracieux pseudonyme poitevin de la mâche, qui serviront de parure aux noix de Saint-Jacques poêlées au foie gras de canard de La Mainborgère dont une gorgée de Bourgogne blanc de Saint Véran accompagnera avec bonheur l'ingestion. On ne s'étonnera pas de croiser, au pied d'un liseron-phonographe indestructible, un Sisyphe compatissant assis sur son rocher. On prendra garde de ne pas écraser l'escargot-citoyen rongeur de salades mercantiles, et on laissera se poser sur la main des enfants l'abeille inoffensive menacée de disparition par l'infâme Monsanto. On apprendra les noms de jolies filles portés par de plus de cent espèces de ces tubercules venus, eux, du Pérou sous le nom générique banal de « pommes de terre » et l'on dégustera, un air de Jean-Baptiste Clément dans la tête, les cerises sauvées des corbeaux, cette engeance ensoutanée, et les prunes bleu-noir rebelles aux petits maîtres du marchéen rêvant de ces coings dont l'assise piriforme de seins duveteux réveille des fantasmes d'érotisme tranquille. On prendra soin aussi de ne pas déranger le hérisson mangeur de croquettes pour chat, la coquine coccinelle aux élytres écarlates, le rouge-gorge en redingote, la mésange aux ailes semeuses de mots ou le merle blanc dont une plume suffit au poète raté, plantée au bon endroit, pour qu'il se prenne pour l'oiseau rare. On oubliera un instant la foi vacillante en l'indestructible optimisme de l'espèce humaine pour se régaler en parcourant les pages de ce jardin extraordinaire où il ne manque que les canards qui parlent l'anglais, chacune étant une friandise qu'on déguste en se léchant les doigts et en marchant lentement, les poches pleines de graines de possible et la tête non pas entre les genoux mais dans les étoiles, vers la sobriété heureuse si chère à ce Socrate du XXIè siècle qu'est Monsieur Pierre Rabhi. Entrez ! La brouette vous tend les bras..." [Chronique --- à destination du cercle de ses amis --- de l’écrivain Jacques Braud, les 18 à 20/03/2019]

Jacques Braud



DIOGÈNE et la librairie LES SAISONS de La Rochelle

Un panneau pour les piétons

La Mèche lente,



DIOGÈNE et la revue poétique TEXTURE

“Comme le dit Louis Dubost, « cultiver des légumes et activer des poèmes, c’est un peu pareil »… On ne s’étonne donc pas que le poète-éditeur-critique ait mêlé le jardin et les mots pour un abécédaire amusé où les entrées sont des légumes et les sorties, pleines de malices, des métaphores qui ouvrent au-delà des sciences naturelles sur l’écologie, la société, la politique même, avec moult clins d’œil ! Marqué par le philosophe cynique à la verve caustique et dédaigneux des puissants (« ôte-toi de mon soleil »), il a augmenté un premier recueil « Diogène au potager » (paru aux éditions du carnet du dessert de Lune) et vient de le rééditer sous le titre , « Diogène ou la tête dans les genoux ». C’est bourré de leçons de choses (Louis cultive son jardin) et d’évocations poétiques, et c’est un régal ! J’ai entendu Louis en faire la lecture à Rochefort-sur-Loire, et le public en redemandait…” http://revue-texture.fr/diogene-ou-la-tete-dans-les-genoux.html

Michel Baglin



DIOGÈNE et le MAG du Républicain Lorrain, 17 mars 2019

« La serre ménage au jardinier une très fragile maîtrise de soi. Et il se berce de l'illusion d'être le maître d'un petit monde bien à lui. De sorte qu'il en oublie de s'écouter vieillir. C'est déjà ça. » Il peut à d'autres moments citer Francis Ponge, Gilles Deleuze ou Félix Leclerc, mais Louis Dubost écrit surtout ce qu'il voit. Sur tout ce qu'il voit. Dans son potager. Ce livre délicieux augmenté des croquis à la main du graphiste Matthieu Viellot, réunit les réflexions, les aphorismes, les pensées, d'un poète au grand air en son jardin.” [présentation du livre dans le “Mag” des Républicain Lorrain / Est Républicain / Vosges Matin]

Valérie Susset, journaliste



DIOGÈNE et la revue poétique TRAVERSÉES

"Très belle édition pour ce Diogène : couverture à rabat, impression, mise en pages,…Il s’agit ici d’une « reprise enrichie » de deux anciens recueils parus en 2011 et 2016. Tout cela est redistribué dans un ordre alphabétique, ordre qui est aussi, selon Vialatte, « désordre, insolite et poésie ». Des abeilles à la zizanie, tous les éléments vitaux du jardin se mettent en place selon une importance variable : de quelques lignes pour l’abricot, la glycine ou le myosotis à deux pages pour les courtils, le haricot ou les vers de terre. Avec la complicité de son épouse, sa « merlette complice dans la vie et au jardin », l’auteur rythme sa vie sur celle des saisons : « Au potager, le temps prend son temps et le jardinier fait de même ». Au passage, Louis Dubost en profite pour égratigner quelques contemporains, poètes et politiciens sans oublier ces « écolo-bobos gavés au bio de chez bio » ou à ce faux-jardinier, « maniaque orwellien aux mains gantées et au nez masqué ». Il fait aussi un éloge appuyé des jardiniers, ces « anarchistes d’aujourd’hui » qui savent accueillir les variétés migrantes comme la carotte ouzbèke. Il s’interroge ensuite sur le devenir de l’espèce humaine avec la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Avec plus d’une centaine d’entrées encadrées d’un prologue et d’un épilogue, ce livre ouvre des espaces vitaux où l’on respire large et où l’on se pose à l’évidence la question cruciale : « Et si la poésie créait cet appel d’air dans notre monde qui étouffe ?" Revue poétique Traversées

Georges Cathalo



COURRIERS DES AMIS DE DIOGÈNE

“Pour ne pas rester dans la désespérance des germinations poisons, il y a ce livre Diogène ou la tête entre les genoux de Louis Dubost, aux éditions de la Mèche Lente, pour réenchanter son jardin et son esprit. Et plus pragmatiquement parlant, vous pouvez acheter, commander vos graines, Saines, chez Germinance, légumes et fleurs naturels, graines non trafiquées.” [Valérie Gavaud, artiste-peintre & vigneronne, 6 avril 2019]

“Le jardin vu par un jardinier-philosophe, sous la conduite d'un Diogène plus que jamais convaincu qu'on ne peut trouver le bonheur qu'en s'accordant parfaitement avec la Nature, c'est le sujet d'un petit livre, "Diogène ou la tête entre les genoux" de Louis Dubost. Je ne "connais" l'auteur que depuis six mois, depuis qu'un ami commun m' a donné son adresse-mèle pour que je lui adresse mes billets. Je me suis rappelé alors qu'en 80/81, (...) et moi étions allés parfois à Chaillé-sous-les-Ormeaux où il avait créé, chez lui, les éditions "Le dé bleu", qui éditèrent (de 1974 à 2009) des recueils de poésie et où il recevait des poètes-chanteurs peu promus par le monde du chaubise, ainsi de Morice Bénin ou Maurice Fanon. Je l'ai ajouté à ma liste et nous avons eu quelques échanges épistolaires. C'est ainsi que j'ai eu connaissance de la publication de son Diogène qui relate ses "aventures potagères " (Bretzel liquide !) qui ne sont, je le cite " ni poésie... quoique, ni nouvelles… quoique, ni pages de journal… quoique. De “quoique” en couacs, l’ordinaire d’un homme parmi les autres hommes" et ses réflexions autour de l'acte de jardiner en respectant la nature et ses idées humanistes. Je l'ai rencontré à Agora samedi dernier où il m'a dédicacé son livre qui a meublé quelques-unes de mes insomnies. J'ai utilisé les suivantes à écrire la préface que j'aurais aimé lui faire. Je vous l'envoie. Peut-être cela vous donnera-t-il envie de vous ajouter à la liste de ses lecteurs ? Il sera à la librairie Arcadie, à Luçon, le samedi 30 mars de 10h à 18h (cela dit pour les gens de proximité !).” [Commentaire et courriel d’un lecteur, 21 mars 2019]

“La qualité de l'édition m'a sauté aux yeux : couverture, typographie, la tranche même du livre, les illustrations, c'est superbe ! J'ai plaisir à tenir cet exemplaire en main et sa couverture me rappelle une exposition étonnante sur les girouettes au musée de Charlieu.” [courriel d’une lectrice, 21 mars 2019]

“Merci bien (...) pour tes attentions. As-tu lu son livre de 2011 Diogène au potager ? Est-ce une redite ou tout autre chose ? Bestiolerie potagère ne doit pas manquer également de saveur... Il est vraiment dans la veine de mon cher écrivain Tchèque Karel Capek avec L'année du jardinier que j'ai dégustée il y a bien des années en réalisant toute la justesse de ses observations sur l'importance immémoriale du jardin (et aussi des déboires du jardinier!) pour les Tchèques ; ce dont j'ai une preuve bien vivante chez mes amis Tchèques depuis une vingtaine d'années. J'ai eu plaisir à l'offrir à plusieurs reprises à des amis néophytes qui commençaient un jardin, pour les rassurer.” [courriel d’un lecteur, 19 mars 2019]

“J’ai commencé la lecture de Diogène ou la tête entre les genoux et me régale, merci de m’avoir fait connaître cet auteur - manifestement un vrai jardinier très observateur – mais c’est plus que cela, sa vision si incisive de notre société avec des références littéraires pointues et un style plein de poésie.” [courriel d’un lecteur, 19 mars 2019]

“Bien reçu ton Diogène, toujours aussi sarcastique à l'occasion ! J'ai pris beaucoup de plaisir à lire (ou à relire car j'en avais lu pas mal ailleurs) ces poèmes du jardin qui sont assez souvent un art poétique ou un petit traité du vivre (seul ou avec les autres). Tu as si souvent un très heureux sens de la formule! Et j'aime bien aussi tes “pauses-poème” qui ont l'air de mettre à distance les petits textes en prose qui sont pourtant eux aussi des poèmes. Je suis très content de me retrouver dans tes pages avec mon procruste que je n'ai jamais revu depuis ce jour où je le découvrais sous la dernière gerbe d'un châtelet !” [d’un très-célèbre poète français, le 18 mars 2019 ; s’adressant à l’auteur. Qui possède le livre, à l’endroit indiqué, trouvera de qui il s’agit] "Bonjour (...), bien reçu le livre de Louis. Quel bel objet. Il me donne envie de relire ce Diogène. Bien à vous et longue vie à la Mèche Lente,” [Courriel, un éditeur ami, 14 mars 2019]

“J'ai pu lire, malgré tout, avec enthousiasme et le sourire aux lèvres, quelques extraits en avant première de la sortie de Diogène qui me rappelle forcément Le Parti pris des choses de Ponge. Sans “pomper” l'existant (sis à la Mothe Achard), je dirai... Potager Extraordinaire ! “Élégance” humoristique du mot et des images ! Un regard sur l'alentour si affûté, au plus près du philosophe ! J'apprécie vivement, c'est enchanteur, décalé et “mention spéciale” pour l'épilogue, là où se trouve l'équilibre du “jardinier”, illustré à la perfection sur la page de couverture qui me fait penser aux sculptures de Jean Tinguely ! Petit (grand) livre de chevet certainement !” [Une bibliothécaire de Vendée, février 2019]

“Une belle homogénéité du fond et de la forme. La typo comme la mise en page - à l’image du contenu - sont délicates, claires, légères et aérées. La simplicité minimaliste des illustrations me paraît être le juste miroir du texte : humour simple, subtil, bienveillant mais lucide. Tout simplement : j’aime.” [Courriel, 2 mars 2019]

“J'ai reçu ton livre au milieu de cette semaine : j'adore ! Je l'ouvre au hasard deux ou trois fois par jour (enfin presque), ce qui m'autorise à affirmer qu'il est un solide antidépresseur, d'autant plus qu'il ouvre au monde l'indécrottable casanier que je suis devenu. Bien entendu, cette technique de lecture basée sur le hasard suppose qu'inévitablement certains textes m'échapperont, mais c'est ainsi qu'il me donne du bonheur.” [Un lecteur belge, 10 mars 2019]

La Mèche lente,



"CE VIDE LUI BLESSE LA VUE" -- Denis Montebello, mars 2018

L'ouvrage sera présenté, lu & discuté dans des librairies et des médiathèques, en présence de l'auteur :

Le mercredi 14 mars 2018, à 18h30, à la librairie La Belle Aventure de Poitiers (Vienne) ici

Le vendredi 23 mars 2018 à 18h00 à la librairie Les Saisons de La Rochelle (Stéphane Émond libraire) ici

Le 24 mars, à 18h00, à l'invitation de l'association "En avant première" de Surgères ici

Le vendredi 6 avril à la Librairie du Rivage de Royan, à l'invitation de Patrick Frêche, dès 18h00 ici .

Le mercredi 16 mai 2018, à 19h00, à la Médiathèque de Fontenay-le-Comte (Vendée) ici

La Mèche lente,



Un ouvrage à l'atelier

Après toutes ces années, nous avons chacun en tête, bien que nous l’y cherchions, le nom précis de cette gloire du bourg ou du quartier qui, sous des airs matamores ou archangéliques, de brute rusée ou de rêveur aventurier, de garçon impavide, de fille crainte et effrontée, tressa de plusieurs exploits et hauts faits, dès l’enfance, la chronique floue de nos souvenirs ; nous béons, à des retrouvailles, à l’écouter, d’une voix en feutre qui surprend, ou bien à le regarder en biais, d’un visage encaustiqué qui nous gêne ; nous nous rappelons pour lui d’anecdotes sans chutes qui, à l’échelle de ses mésaventures et bonds dans l’époque, courses sans bagages, bris de bars, conquêtes, routes prises et circumnavigations, lui paraîtraient mesquines s’il n’était déjà tatoué de la courtoisie des hommes prudents, de ceux qui n’ont toujours pas une idée exacte des proportions du monde qu’ils arpentent. Voilà du moins, pour l’heure, la représentation que l’homme de la Mèche lente, assis au vestibule dans l’attente patiente des premières épreuves, se fait de Didier Hubert tandis que, penché pour l’édition sur la quantité de ses mélancolies, le photographe à l’argentique légende avec application, dans un style unique (qui déprécie tous les diplômes de la branche), les éclats d’une vie en mouvement à la fin du deuxième millénaire.

Chronique par l'éditeur d'un ouvrage encore à l'atelier -- à paraître aux Éditions La Mèche lente

© Muriel Vergnaud

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